Gaz de schiste au Royaume-Uni : où va le pays ?

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Soufflant le chaud et le froid sur le développement du gaz de schiste en Angleterre, les autorités nationales et locales ne s'accordent pas. Cuadrilla, société énergétique britannique, qui avait été autorisée dans un premier temps à lancer des opérations de forage dans le nord du pays vient de se voir contrainte d'arrêter toute tentative de fracturation hydraulique. En cause, le véto opposé par le Comté de Lancashire au niveau local. 

En moins d'un mois, le Royaume-Uni vient de passer de producteur de gaz de schiste potentiel à pays hésitant encore entre passer à la vitesse supérieure ou revenir en arrière. C'est le sens que donne la récente décision du Comté de Lancashire en interdisant à la société Cuadrilla de lancer les opérations de forage de puits de gaz de schiste.

Les raisons mises en avant par le comté étant que les opérations de forages génèreraient "trop d'impact visuel sur le paysage et entraîneraient une pollution sonore inacceptable". Une décision qui vient purement et simplement à l'encontre du premier feu vert accordé à Cuadrilla par les conseillers de planification du Lancashire.

Un revirement de situation à 180° qui fait des remous dans le pays à travers une presse quasi unanime fustigeant la décision et rappelant qu'elle est diamétralement opposée à la volonté de David Cameron et donc du gouvernement de "miser sur le gaz de schiste".

Un tollé dans la presse du pays

Les réactions farouches à la décision du Comté de Lancashire ne manquent pas dans la presse britannique.

Pour le Daily Telegraph, il s'agit d'“un revers important pour la recherche d’un approvisionnement d’énergie sécurisé, abondant et indépendant”, rajoutant même que “le gouvernement national devrait peut-être intervenir pour décider si le projet doit quand-même obtenir le feu vert”, car “la fracturation hydraulique devrait faire partie de notre bouquet énergétique”.

Le Times estime de son côté que “tout le monde veut consommer de l'énergie, mais personne ne souhaite qu'elle soit générée à côté de chez lui”  et rappelle que la décision du Comté de Lancashire “remet par ailleurs sérieusement en question les perspectives de la fracturation hydraulique au Royaume-Uni sur le long terme”, “L’idée qu’un conseil de comté s'assoit sur une ressource de gaz qui pourrait être considérable, ne rime pas avec l’affirmation de David Cameron de "miser ses efforts sur le gaz de schiste".

Cuadrilla a par ailleurs annoncé qu'elle comptait faire appel de la décision, quoique la procédure risquerait de durée au moins deux années.

Reste à savoir qui aura le dernier mot entre un pouvoir national qui appelle de ses vœux à voir le gaz de schiste se développer et des freins locaux cherchant à contenter leur base électorale plutôt qu'à mettre en perspective les réels tenants et aboutissants du dossier.  

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