Les pro-gaz de schiste français se mobilisent

CHCN  France  Gaz de schiste

Alors que l’Europe, et en particulier la France, reste largement défavorable à l’exploitation du gaz de schiste, les grands groupes industriels de l’Hexagone ont décidé de se rassembler pour se faire entendre. Et “mettre fin à l’obscurantisme”.

Une structure de communication propre

 

Ce mardi 10 février a été officiellement fondé le nouveau “Centre Hydrocarbures Non Conventionnels”, ou CHNC. Présidé par un ancien ingénieur des mines qui travaillait pour ExxonMobil, et ex-président de l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP), il a pour vocation de défendre le gaz de schiste en France.

 

Parmi ses membres de départ figurent les plus grands groupes, comme Total, GDF Suez, Air Liquide, Vinci, Technip ou Bureau Veritas. Il ne s’agit donc pas d’une opération anodine, mais bien d’un véritable groupement solidaire pour faire porter la voix de ces entreprises.

 

"Un certain nombre d'industriels a pensé qu'il était temps d'apporter une information scientifique qualifiée sur ce sujet (et) de sortir de l'obscurantisme dans lequel on est plongé", a souligné lors d'une conférence de presse Jean-Louis Schilansky, nouveau président du CHNC. L'heure est donc à la mise au point.

 

Pas de lobbying

 

Selon le CHNC, même si ça y ressemble fortement, il ne s’agit en aucun cas d’un lobby. "Nous n'irons pas voir des parlementaires et des cabinets ministériels pour essayer de les convaincre. Nous ne serons pas dans les couloirs". Qui plus est, les chefs d’entreprises s’entoureront de véritables experts, qui valideront chacun de leurs dires.

 

Il s’agit donc avant tout de diffuser de l’information claire et précise sur le sujet épineux du gaz de schiste, afin que la population soit informée de manière objective sur la sûreté et la propreté écologique de ces extractions, et sur le potentiel énergie qui pourrait être créé. Le combat des faits contre la lutte des opinions, en somme.

 

Même les adversaires de l'hydrocarbure seront conviés. L'idée : développer une approche scientifique, sans discrimination, afin de faire changer les mentalités en France, pour l’instant très figées. Car, rappelons-le, le président François Hollande lui-même reste encore hostile à la fracturation hydraulique.

 

Vers des puits d’exploration ?

 

Le président français avait dès 2013 affirmé qu’il n’y aurait ni exploitation ni exploration du gaz de schiste durant son mandat. La technique de la fracturation hydraulique, qui consiste à libérer le gaz des roches souterraines en y injectant de l’eau et des adjuvants à forte pression, est toujours interdite en France.

 

Sans se manifester pour l’instant en faveur de l’exploitation, les grands groupes industriels français voudraient déjà obtenir de l’Etat le droit d’explorer les sous-sols. Sans vouloir changer les lois, ils veulent prouver aux Français la richesse de leur terre, et apporter des preuves rigoureusement scientifiques de la non-dangerosité d’éventuelles exploitations.

 

Convaincre l’Etat donc, mais aussi convaincre l’opinion publique. Même si la tâche s’avère loin d’être aisée, le CHNC prend le problème à bras le corps avec beaucoup de volonté et d’enthousiasme. M. Schilansky concède d’ailleurs qu’il s’agit d’un “projet à très long terme”. Le premier pas vers une révolution énergétique ?

 

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