Sonatrach : haro sur l’Algérie

Sonatrach  Algérie  Gaz de schiste

L’entreprise d’exploitation d’hydrocarbure Sonatrach - Société Nationale pour la Recherche, la Production, le Transport, la Transformation, et la Commercialisation des Hydrocarbures - veut exploiter plus tôt que prévu le gaz de schiste algérien. Avec l’ouverture de son premier puits, les retours commerciaux pourraient arriver dès 2022.  

 

Le nouvel or algérien

L’Algérie mets en avant ses réserves de gaz de schiste. Le potentiel de croissance est énorme, car le pays dispose théoriquement d’une quantité considérable d’hydrocarbure dans ses sous-sols. Entre  les bassins d’Illizi, d’Ahnet, de Berkines-Ghadames, de Timimoun, de Regane et de Tindouf, de nombreux litres de gaz sont techniquement récupérables.

Même s’il y a peu, le premier ministre algérien annonçait en 2012 une échéance à 2040 pour l’exploitation du gaz, le ton a bien changé cette année. Cette ressource longtemps considérée comme un choix énergétique pour le long terme attire désormais l’attention dès maintenant.

Tirant la presque totalité de son bénéfice d’exportation des hydrocarbures, l’Algérie détiendrait près de 20 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, ce qui est considérable comparé à la taille du pays. Il est d’ailleurs classé 3ème au rang mondial en terme de réserves potentiels, juste derrière la Chine et l’Argentine.

 

À l’assaut des réserves

C’est pour cela que la Sonatrach, acteur algérien majeur de l’industrie pétrolière, s’intéresse de près à ce marché. Et veut accélerer les choses. D’après son PDG, Said Sahnoun, le gaz de schiste représente « un axe de développement que Sonatrach a retenu de manière résolue ». Et d’ajouter qu’il a un « potentiel de croissance à ne pas négliger ».

Ainsi, le groupe annonce vouloir commencer l’exploitation du gaz dès 2022, et compte sur un volume de 20 milliards de mètres cubes pour changer la donne. Avec 90 milliards de dollars d’investissement prévu sur le plan quinquennal s’étalant de 2015 à 2019, Sonatrach espère même atteindre une production de 30 milliards de mètres cubes aux alentours de 2025.

Alors que l’entreprise a réalisé près de 120 puits conventionnels cette année, elle a également foré quatre puits d’exploration en 2014. Et se lance ainsi tête baissée dans l’aventure. Le groupe n’entend rien moins que de renouveller les réserves pétrolières et gazières du pays, une grande part de l’investissement étant essentiellement destiné à la recherche d’hydrocarbure.

 

Une chance pour les futures générations

Ce sont surtout les jeunes algériens d’aujourd’hui qui profiteront de cette manne économique demain. Les répercussions financières d’une telle exploitation ne se feront de manière concrète que plus tard, lorsque tous les puits auront été mis en place et marcheront en quasi-autonomie.

Quant à la protection de l’environnement, dont les individus de la génération actuelle se préoccupent bien plus que leurs aïeux,  le ministre algérien des Ressources en eau M. Hocine Necib souligne qu’il ne s’agit pas d’une menace pour l’avenir. Il rappelle en effet que l’Algérie est déjà sous le coup d’une législation stricte de protection de l’environnement, qui impose notamment aux opérateurs pétroliers une étude d’impact pour tout forage au-delà du seuil phréatique.

Qui plus est, avec la technique de fracturation hydraulique utilisée pour délivrer le gaz de la roche et l’exploiter, les eaux utilisées seront recyclées à hauteur de près de 80 %. Et le ministre de conclure en affirmant que « le message essentiel à retenir est que le gaz de schiste est une option pour les générations futures, un choix stratégique pour la sécurité énergétique du pays ».

 

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