Europe : Danemark, Pologne et Royaume-Uni font le choix du gaz de schiste

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Suivant l’exemple américain, de nombreux pays s’intéressent de près à leurs réserves en gaz de schiste. En Europe, c’est le cas notamment du Danemark, de la Pologne et du Royaume-Uni. Leurs motifs sont différents, mais leur objectif est le même : restaurer une marge de manœuvre énergétique.

Comme l’indique Cécile Maisonneuve, directrice du centre Energie de l’Institut français des relations internationales, un nombre croissant de pays européens se tournent actuellement vers le gaz de schiste. Dans une note publiée en octobre, l’IFRI s’est particulièrement intéressé aux stratégies danoise, polonaise et britannique en la matière.


Financer la transition énergétique, retrouver des marges de manœuvre économiques

A l’heure actuelle, le Danemark se trouve dans une position favorable, en tant qu’exportateur net de gaz. Cependant cette situation tend à se détériorer, avec une production en diminution. Dans ce contexte, exploiter les réserves en gaz de schiste pourrait consolider un pan important du commerce danois et représenter une manne financière décisive pour développer les énergies vertes. Copenhague a en effet formulé des ambitions très élevées dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et le gaz de schiste pourrait être un moyen de parvenir à cette fin.

En Pologne, le contexte est sensiblement différent dans la mesure où le pays est aujourd’hui très dépendant de l’énergie étrangère, et notamment du gaz russe, pays avec lequel les relations sont historiquement tendues. Dans ce pays, le gaz de schiste serait donc un pas en avant significatif vers l’indépendance énergétique et une ressource permettant à Varsovie de limiter sa consommation de charbon, énergie hautement polluante.

A l’image de la Pologne, le Royaume-Uni dépend dans une large mesure de l’énergie étrangère, principalement néerlandaise et norvégienne. Si d’un point de vue diplomatique, cet approvisionnement étranger ne pose pas de problème, Londres cherche néanmoins à ne pas abandonner son industrie pétrolière, en perte de vitesse en mer du Nord. De plus, le gouvernement de David Cameron est sensible à l’état de la balance commerciale du pays, plombée par les importations d’énergie. Comme au Danemark et en Pologne, le gaz de schiste au Royaume-Uni serait un atout économique et énergétique non négligeable.

D’un point de vue général, la plupart des pays occidentaux cherchent à mettre en place une transition énergétique, à moins recourir aux énergies fossiles et à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. A cet égard, le gaz de schiste peut représenter une énergie de transition intéressante et permettre de retrouver des marges de manœuvre cruciales dans le jeu économique mondial.

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