Etats-Unis : le gaz de schiste met à mal le nucléaire

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Depuis le mois de janvier aux Etats-Unis, trois fermetures de centrales nucléaires ont été annoncées et la plupart des projets pour cette énergie sont en stand by. Et pour cause : les centrales à gaz sont à présent presque deux fois moins coûteuses que les centrales nucléaires.

Et de trois... L'une des plus grandes centrales nucléaires des États-Unis va fermer.  Cette centrale de San Onofre, entre San Diego et Los Angeles, était en pause depuis une fuite radioactive mineure survenue en 2012. Son exploitant, Edison, a préféré aux réparations coûteuses l'arrêt total de son activité.

Énième fermeture de centrale nucléaire cette année aux États-Unis... Après Dominion au Wisconsin et Duke en Floride, c'est au tour d'Edison de mettre la clef sous la porte de sa centrale de San Onofre (Californie).

Pourtant, Dominion pouvait exploiter le site fermé encore 20 ans. La raison est « purement économique », reconnaît Dominion : avec le boom du gaz de schiste dans le pays, la production d'énergie nucléaire s'est vue réduite. A cent dix dollars par mégawattheure (83 euros) contre soixante-sept dollars par mégawattheure (50,5 euros), le nucléaire coûte presque deux fois plus cher à produire que le gaz, informe le ministère de l’Énergie.

« Pour les régulateurs, il vaut mieux investir dans le gaz, moins cher et moins risqué, que dépenser des centaines de millions de dollars dans la réparation de centrales », juge Travis Miller, analyste chez Morningstar.

La donne a changé...
Et dire que 5 ans en arrière les experts misaient sur une renaissance du nucléaire, l'une des énergies jugées non émettrice de CO2.

L'énergie consommée aux États-Unis va augmenter d'un tiers à l'horizon 2040 et les 104 réacteurs nucléaires du pays devaient maintenir à 20 % la part du nucléaire dans le « mix » énergétique.

Deux réacteurs nucléaires sont en cours de construction à Vogtle, dans l'Etat de Géorgie. Seulement il en coûte déjà 6 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) sans compter la rallonge de 700 millions de dollars demandée (environ 530 millions d'euros). Deux autres réacteurs sont prévus en Caroline du Sud, à Jenkinsville. Ils requièrent eux aussi 200 millions de dollars (soit 151 millions d'euros) de plus que prévu. Une addition salée...

Ces projets sont rares : parmi les 24 projets déposés auprès de la Commission de régulation de l'énergie, seuls cinq verront le jour. Le nucléaire n'est pas mort pour autant.

Le gouvernement américain a récemment informé qu'il allait subventionner la construction d'une cinquantaine de petits réacteurs (moins de 300 mégawatts) d'ici à 2040. Le but est de combler les carences énergétiques de certains États et diversifier les sources d'énergie.

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