Au Québec, une commission spéciale vient d'être créée sur le gaz de schiste

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Le gouvernement du Québec vient de créer une commission spéciale sur la question des répercutions néfastes de la technique de la fracturation hydraulique. Le but est de lever les nombreux doutes qui subsistent et de faire en sorte que l'exploitation du gaz de schiste soit en parfaite résonnance avec les cinq grandes conditions fixées par le gouvernement.

Avec à sa tête le juge à la retraite Guy A. Richard accompagné de l'ancien recteur d'université du New-Brunswick John McLauglin et de l'ancienne présidente du conseil d'administration du New-Brunswick Community College Cheryl Robinson, la nouvelle commission aura carte blanche pour étudier de près l'impact réel de la fracturation hydraulique, notamment sur l'environnement.

L'annonce a été faite par le Ministre de l'Energie et des Mines, Donald Arsenault, qui assure que la commission est totalement "indépendante" et que "le juge Richard et les deux autres commissaires pourront consulter les gens qui pourront, selon eux, contribuer à ce processus.» Un mandat qui lui est donné pour une durée d'un an.

Il est à noter que la création d'une telle commission intervient dans un contexte singulier, puisqu'un moratoire est actuellement toujours en cours dans la région canadienne au sujet de la fracturation hydraulique.

Le Ministre de l'Energie et des Mines a indiqué à cet égard que la commission a les mains libres pour consulter les spécialistes qu'elle souhaite, et qu'au terme de son mandat d'une année, le gouvernement serait fixé sur la possibilité de lever ou non ce moratoire. Quant aux moyens alloués à la commission, rien de très précis pour l'instant, le dépôt officiel de son budget n'intervenant qu'à la toute fin du mois de mars.

Une commission déjà critiquée et le "contrat social" pointé du doigt

La création de cette commission spéciale ne va pas s'en faire de remous au Québec. L'opposition craint que les décisions rendues fassent purement et simplement fuir les industriels implantés dans le pays.

Il s'agit selon le chef de l'opposition, Bruce Fitch, d'une "abdication de la gouvernance" du gouvernement actuel. En clair, en déléguant à la nouvelle commission la responsabilité de statuer sur la technique de la fracturation hydraulique, le gouvernement en place en profiterait pour ne pas rester en première ligne et se délester du sujet épineux. 

Mais le juge à la retraite et président de la commission, Guy Ricard, défend bec et ongles la nouvelle commission : "C’est un mandat pour établir la vérité, toute la vérité et seulement la vérité sur la fracturation."

La commission aura donc par ailleurs la charge d'affirmer ou non si la fracturation hydraulique répond aux cinq critères d'exigences définis par le gouvernement provincial. Des critères qui, s'ils sont respectés, autoriseraient de facto la mise en œuvre de la technique. Parmi les 5 critères préalablement définis citons l'existence d'un contrat social, l'information claire et crédible sur les répercussions de la fracturation hydraulique et l'établissement d'un plan d'atténuation des répercussions sur les infrastructures publiques.

Le point qui fait le plus réagir à ce jour est celui du contrat social. Là encore l'opposition se fait entendre car selon elle, rien ne définit à ce jour ce qu'est ce contrat social. Le Ministre Arsenault a à ce titre balayer la question, n'apportant aucune précision supplémentaire. 

Réactions et commentaires
Le New-Brunswick n'est pas le Québec!! C'est le gouvernement du New-Brunswick qui a créer cette commission spéciale. Au Québec il n'y a pas de moratoire sur les gaz de schiste pas plus que pour le pétrole...
Guillon | Le 31 mars 2015 à 14:45:39
Il y a confusion entre deux provinces canadiennes ici. Au Québec il n'y a pas de moratoire. Nous venons d'avoir le rapport d'un Bureau d'Audiences Publiques en Environnement (BAPE) qui décrit clairement les dangers de la fracturation. Au Nouveau Brunswick on vient de créer cette commission. Les citoyens doivent demeurer alertes! Notre environnement est menacé.
Jacques Tétreault | Le 31 mars 2015 à 16:27:44
Bonjour,

Je travaille dans l'industrie du gaz naturel au Québec. Votre article est erroné, ce n'est pas le Québec mais le Nouveau-Brunswick qui a mis en place une commission spéciale. Merci de rectifier.
David Lefebvre | Le 27 avril 2015 à 20:47:25
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