La fracturation hydraulique : une méthode « fiable et éprouvée » sans réelle alternative

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Le club de réflexion sur les hydrocarbures de roche mère s'est penché sur la question d'une alternative. Au final, le message des industriels est clair : la fracturation hydraulique reste incontournable, bien que perfectible.

Les politiques ont beau s'en plaindre, la fracturation hydraulique reste le meilleur moyen d'extraire le gaz de schiste. « Il n'y a pas véritablement d'alternatives », a déclaré Pascal Baylocq, président du club de réflexion sur les hydrocarbures de roche mère. « Pour les gaz de schistes, aucune autre technologie n'est disponible, à notre connaissance », renchérit Gilles Pijaudier-Cabot, directeur du laboratoire des fluides complexes et leurs réservoirs.


« La fracturation hydraulique à base d'eau est selon nous la technique fiable et éprouvée", explique Bruno Courme, directeur de Total Shale Gaz Europe.  La technique est utilisée depuis longtemps dans le domaine pétrolier et en géothermie.

Perfectionner le « fracking »

Bien entendu, les différents risques liés à la fracturation hydraulique sont discutés. Il s'agit de la consommation d'eau ainsi que son traitement en surface, également la contamination de la faune marine, l'escape au sol (environ un hectare pour un site réunissant jusqu'à 8 têtes de puits), la sismicité  et les émissions de méthane lors de la décantation de l'eau à la surface.

Quant à la préparation des roches (lixiviation) via le liquide de fracturation, faisant remonter à la surface des métaux lourds ou radioactifs, le problème n'a pas encore été évoqué.

Les améliorations se concentrent donc sur la réduction des volumes d'eau, ainsi que l'utilisation d'un liquide inerte pour réduire la lixiviation, l'utilisation d'additifs moins toxiques plus particulièrement issus de l'agroalimentaire, et des proppants (sable ou céramique) plus légers.

La volonté d'améliorer le fracking englobe aussi la minimisation des risques de fuite vers les aquifères, le renouvellement du monitoring des opérations.
Enfin, les industriels songer à traiter l'eau après fracturation et à limiter l'impact au sol. Cette stratégie d'amélioration est la meilleure, voire l'unique solution possible.

Des alternatives risquées et peu au point

Total en a listé une quinzaine d'alternatives à la fracturation hydraulique, réparties en cinq catégories.

Tout d'abord les techniques de fracturation hydraulique utilisant d'autres liquides. Parmi eux, on peut trouver le CO2, l'azote, l'hélium, le propane ou le méthanol et le diesel.

La fracturation par explosion nucléaire est inenvisageable ; les tests ont donné des résultats catastrophiques.

La fracturation au propane consiste à injectecter du propane liquide afin de fracturer la roche par dilatation dans le sous-sol. Il est ensuite récupéré en surface pour être réutilisé.

Près de 1.500 fracturations de ce genre ont déjà été réalisées à travers le monde. La viscosité du liquide permet une meilleure pénétration du réseau de failles. Les solutions à partir de CO2 ou d'azote, elles, nécessitent des adjuvants. Le propane étant inerte, les métaux enfouis dans le sous-sol ne seront pas remobilisés.

Néanmoins, cette technique possède un défaut majeur. Elle implique le stockage de 200 à 400 m3 de propane sur le site, ce qui pose des questions de risque industriel. La directive Seveso s'imposerait alors.

La fracturation électrique fracture la roche à l'aide d'arcs électriques induisant des ondes de pression. Deux équipes travaillent sur cette méthode au Texas et en Chine. Si elle fonctionne plutôt bien, cette technique n'ouvre que des fissures courtes, ce qui impliquerait une multiplication des puits. Or, il est important de limiter l'impact au sol.

Les techniques thermiques consistent à chauffer la roche. Les hydrocarbures lourds sont transformés en huile. Il est également possible d'assécher la roche mère pour le gaz de schiste. Un test de cette méthode a été réussi sur un gisement l'huile Américain.

La fracturation hydrolique est une méthode sûre

« La fracturation peut être exécutée en toute sécurité, et elle le sera, car le monde en fera de plus en plus. » a déclaré un géophysicien de l'Université de Stanford, le Dr Mark Zoback. « On ne peut pas arrêter de songer à notre futur uniquement parce que nous avons du gaz naturel en abondance. »

« Le gaz de shiste est une porte ouverte vers notre futur écologique. Une porte vers un futur d'énergie sans carbonne ».

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