Huiles et gaz de schiste : la donne change aussi hors des Etats-Unis

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Aux Etats-Unis, l’exploitation des gaz de schiste est ressentie comme une véritable révolution économique et énergétique. Au point de bouleverser la donne mondiale et de concurrencer les pays de l’OPEP ?

Le Moyen-Orient et l’Europe pourraient souffrir du gaz de schiste américain

L’impact du gaz de schiste aux Etats-Unis est sans conteste « majeur et durable », estime  Olivier Appert, directeur d’IFP Energies Nouvelles, s’exprimant à l’occasion d’un débat organisé aujourd’hui par Enerpresse et le Bulletin de l’industrie pétrolière (BIP) sur ce sujet. Cette énergie représente en effet déjà 42 % de la production américaine d’hydrocarbures, permettant au pays de baisser drastiquement ses prix, d’obtenir une explosion de sa compétitivité et de devenir exportateur de charbon. A l’horizon 2020, les Etats-Unis devraient même être autonomes en gaz. Nécessairement, ce phénomène est appelé à avoir des conséquences importantes au niveau international.

Une analyse que partage Cécile Maisonneuve, directrice du centre Energie de l’IFRI (Institut français des relations internationales), intervenant lors du même débat. Selon elle, si les conséquences internationales de l’exploitation massive du gaz de schiste aux Etats-Unis ne sont pas encore totalement identifiées, leur impact est d’ores et déjà réel au Moyen-Orient. En effet, les pays de l’OPEP, qui ont gelé de nombreux investissements, ne peuvent se passer de prix élevés afin de maintenir la stabilité politique et sociale.

Néanmoins, comme le rappelle Thomas Porcher, économiste spécialiste du gaz de schiste, les pays de l’OPEP continuent de jouer le rôle de « swing suppliers ». Ces derniers sont en effet les seuls à même de fournir d’importantes quantités de barils au pied levé en cas de forte demande ; la production américaine tournant déjà au maximum de ses capacités. Selon l’économiste, le danger principal du succès américain concerne davantage l’Europe, devant ainsi faire face à la compétitivité retrouvée de l’industrie pétrochimique américaine, et risquant de perdre plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans ce secteur.

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