Les discussions avec Exxon sur l'exploitation du gaz de schiste algérien dans le flou

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Exxon, basé à Irving au Texas, a entamé des discussions avec la compagnie pétrolière nationale algérienne Sonatrach il y a plusieurs mois afin de développer un champ dans le bassin sud-ouest d'Ahnet, ont indiqué des sources proches du dossier.

Les discussions faisaient partie d'un approfondissement des liens entre les deux sociétés qui ont suivi l'acquisition par la Sonatrach, en mai dernier, de la raffinerie Augusta d'Exxon en Sicile, en Italie.

Mi-mars, des responsables des deux parties ont eu des entretiens à Houston, au Texas, afin de discuter des détails, mais Exxon a choisi de suspendre les discussions, du moins temporairement, en raison de la vague de manifestations en Algérie contre le régime du président Abdelaziz Bouteflika, ont indiqué des sources.

Exxon et Sonatrach ont refusé de commenter.

L'acquisition de la raffinerie et la coopération accrue entre les deux sociétés ont été considérées comme essentielles pour les efforts de Sonatrach visant à moderniser son activité et à réduire la dépendance vis-à-vis des importations de carburant sous l'autorité du chef de la direction, Abdelmoumen Ould Kaddour.

L'échec des négociations fait suite à des années de tentatives de Sonatrach d'attirer des sociétés étrangères pour développer ses vastes ressources en pétrole et en gaz naturel.

Le président Bouteflika avait nommé M. Kaddour en mars 2017 pour redresser la société d'État algérienne frappée par des scandales de fraude, de léthargie et de paperasserie. Il a depuis lors réussi à rétablir des liens avec les grandes compagnies pétrolières, dont certaines avaient déjà fui l’Algérie en raison de conditions difficiles et de la bureaucratie rampante.

Mais le destin de M. Kaddour est lié à celui de M. Bouteflika, qui a récemment quitté la présidence, ont déclaré des sources du monde politique et de l'énergie.

Ould Kaddour avait déjà été emprisonné dans une lutte pour le pouvoir en Algérie avant d'être réhabilité par Abdelaziz Bouteflika.

"Dès que Bouteflika quittera le pouvoir, Ould Kaddour sera limogé", avait ainsi déclaré à Reuters une source sûre et très proche du dossier.

Sonatrach espère exploiter l'expérience étrangère dans la fracturation, une technique de forage qui a conduit à l'expansion rapide de la production de pétrole et de gaz aux États-Unis, afin de développer ses propres réserves de schiste argileux, estimées à 22 000 milliards de mètres cube, soit la troisième en importance au monde.

L'Algérie est l'un des principaux fournisseurs de gaz de l'Europe, mais les exportations ont souffert des retards de plusieurs projets et de la forte augmentation de l'utilisation de gaz subventionné sur son territoire en raison de la croissance démographique.

Pour rendre l'Algérie attrayante pour les investisseurs, M. Kaddour, ingénieur formé aux États-Unis, a également résolu une série de différends avec des grands groupes pétroliers, dont le français Total, l'italien ENI et l'espagnol Repsol, qui avaient bloqué leurs investissements.

Il a également incité le gouvernement à finaliser la législation sur l'énergie qui est en préparation depuis des années afin d'offrir de meilleures conditions aux investisseurs.

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