Ukraine et U.E : le gaz de schiste, un argument de taille

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Depuis plus de 20 ans, son attachement à la Russie a empêché l’Ukraine de mener une politique étrangère indépendante.

Accusée de mener une politique étrangère « multi-vectorielle », l’Ukraine a souvent fait l’objet d’un chantage russe, ce qui l’a longtemps bloquée quant à ses objectifs d’adhésion à l’Union Européenne.

L’Ukraine est cependant loin d’avoir dit son dernier mot. En 2004, lorsque les prix du gaz russe et d’Asie Centrale étaient en hausse, l’Ukraine a su tirer son épingle du jeu grâce à sa plus grande ressource naturelle, le gaz de schiste. En effet, pour adhérer à l’Union Européenne, elle détient un argument de taille qui pourrait peser lourd dans la balance : le gaz de schiste.

Comme le célèbre trader ukrainien Ihor Bakay  l’a si bien remarqué, la majorité de l’elite ukrainienne crée sa richesse sur l’exportation du gaz de schiste russe et eurasien.

Depuis les années 90, les intermédiares pour l’échange de gaz de schiste ont été nombreux : Respublika, Interhaz, United Energy System… et plus récemment Ostchem. On assiste à présent à une révolution du gaz de schiste

Le président Ianoukovitch a trois objectifs stratégiques dans la poursuite celle-ci.

Tout d'abord, il souhaite l’indépendance énergetique pour échapper au contrat concernant le gaz de schiste signé par les ministres Ioulia Timochenko et Poutine Vladimr. En 2012, l'Ukraine a payé $ 432 for 1000 cu.m., soit 40% de plus que ce que l'Italie paie et 20% de plus que l'Allemagne. En outre, l'Ukraine reçoit des honoraires deux fois plus faible pour le transit de gaz russe que la Slovaquie et la Hongrie.
Deuxièmement, Kiev estime qu'il deviendra géopolitiquement de plus en plus important aux yeux de Washington et de Bruxelles.
Troisièmement, pour améliorer les chances d'intégration de l'Ukraine dans l'Europe, le président Ianoukovitch cherche à obtenir l'indépendance énergétique et ainsi se libérer de l'emprise de la Russie.

La révolution du gaz de schiste représente une étape stratégique pour l’Ukraine. De plus, le nationalisme économique de M. Ianoukovitch peut s'avérer plus constructif que le nationalisme ethnoculturel appliqué par son prédécesseur Viktor Iouchtchenko.
 

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