Gaz de schiste en France: les raisons de la frilosité

Gaz de schiste en France

Dans une tribune publiée dans Marianne, le communicant et spécialiste des sujets de crise Mathieu Slama explique les raisons pour lesquelles la France et l'Europe se montrent des plus frileuses quant à l'exploitation du gaz de schiste. La souveraineté nationale et la question de l'indépendance bloquent ainsi le développement de la filière. Il prend également l'exemple contraire des Etats-Unis pour étayer sa prise de position.

Plus que le terme de frilosité, Mathieu Slama emploie des mots plus forts encore, évoquant de la pusillanimité : excès de timidité, manque de courage voire couardise. Des mots forts de sens qui feront peut-être bouger les lignes tant la question d'une exploitation du gaz de schiste pourrait engendrer des retombées des plus positives : 100 milliards d'euros de recettes pour la France et plus de 200 000 créations d'emplois.

Mais l'heure n'est pas encore au déploiement de la filière, ce que regrette bon nombre d'observateurs et d'acteurs du secteur de l'énergie. Et pour Mathieu Slama, la double raison est claire : "Les pays européens sont fâchés avec l'idée nationale. L'indépendance et la souveraineté n'étant plus les points cardinaux de la politique industrielle, la frilosité est plus grande et d'autres priorités prennent le dessus, comme la protection de l'environnement."

Par ailleurs, il souligne dans son analyse quels sont les autres freins actuels au gaz de schiste en France : la pression des organisations écologistes, les dérives du principe de précaution, la frilosité des élus.

Mais ce qui reste l'élément clé du non-engagement de la France dans le gaz de schiste est à n'en point douter un affaiblissement lent mais sûr de l'idée de nation à saisir sous l'angle de souveraineté nationale et d'indépendance nationale.

La France reste prudente et sage, sous la coupe de Bruxelles, craignant de sortir du rang de risque d'être pointée du doigt tel un mauvais élève. Pas de prise d'initiative sans l'aval de l'UE, diminution du concept d'un état fort et indépendant. Voilà en quoi la bât blesse principalement.

Pour autant, avec un tel abandon de la filière avant même d'avoir essayé quoique ce soit, la France se tire une balle dans le pied : 98% d'importation de gaz naturel pour une note des plus salées : 56 milliards d'euros en 2014.

Les Etats-Unis : le contre-exemple fondamental

Toujours pour Mathieu Slama, les Etats-Unis d'Obama sont la parfaite illustration d'un angle de vue drastiquement contraire.

Car là-bas, les notions d'indépendance et de souveraineté nationale restent encore des thématiques particulièrement fortes, adoptées et revendiquées par la plus grande majorité des Américains. Et à ce titre, un très large partie de la société américaine est en faveur de l'exploitation du gaz de schiste. Les Etats-Unis sont fiers de leur nation, fiers de leur indépendance identitaire et de leur indépendance énergétique.

Mathieu Slama conclut sa tribune en rappelant que les Présidentielles de 2017 seront pour la Droite l'occasion de se démarquer du gouvernement actuel sur la question. Même si le débat s'annonce d'ores et déjà complexe et houleux.  

Réactions et commentaires
Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier !
Déposer un commentaire