Royaume-Uni : de nouvelles mesures pour le gaz de schiste

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Le gouvernement britannique joue la carte du gaz. Malgré de nombreuses oppositions et une bataille qui fait rage autour de l’hydrocarbure depuis des années, Londres vient d’adopter une série de mesures visant à favoriser l’exploration et l’exploitation des sols.

 

La guerre anglaise de l’énergie

 

La Grande-Bretagne est partagée depuis des années sur l’exploitation du gaz de schiste présent dans ses sous-sols. D’un côté, le gouvernement britannique qui veut favoriser cette nouvelle manne énergétique, et de l’autre les opposants politiques et écologiques.

Entre les deux, les compagnies pétrolières, qui rament pour imposer leur vision des choses. Depuis la levée d’un moratoire en 2012, rien n’a vraiment changé, et il n’y a toujours aucun puits d’exploitation dans le pays. Cette semaine, le comté du Lancashire s’apprête à rejeter encore une fois deux nouvelles autorisations de forage.

Pourtant, le gouvernement anglais fait tout son possible pour aider ce milieu. Notamment Georges Osborne, chancelier de l’Echiquier qui se bat depuis près de deux ans pour cet hydrocarbure. Il est en particulier connu pour avoir introduit un taux d’imposition de 30% sur l’exploitation du gaz de schiste. Soit deux fois moins que pour le pétrole.


Moratoire sur la fracturation hydraulique ?

Mais c’est cette semaine qu’un grand bond en avant a été effectué. Un moratoire national sur l’exploitation a été rejeté, par 308 voix contre 52, devant les manifestants écologistes “anti-fracking” (anti-fracturation hydraulique) rassemblés face à l’assemblée. Ce texte avait été initialement proposé lundi par des députés de tous bords.

C’est donc une victoire pour ceux qui voient dans le gaz de schiste l’avenir énergétique de la Grande-Bretagne. La faute, principalement, au parti travailliste, le principal parti d’opposition en Angleterre. Ce dernier s’est abstenu lors du vote, provoquant d’ailleurs l’ire de Caroline Lucas, seule députée écologiste du parlement, qualifiant ce vote de “blague”.

Le parti conservateur de David Cameron - parti à la tête du pouvoir - a donc pu rejeter cette loi, et annonce ainsi un futur plus serein pour les entreprises pétrolières. Néanmoins, le Labour a tout de même réussi à faire passer un amendement imposant des conditions plus strictes pour l’autorisation de la fracturation hydraulique.


Ambitions écologiques

Le gouvernement anglais a ainsi accepté de faire totalement interdire l’exploitation du gaz de schiste dans les parcs nationaux et dans les zones protégées. Jusqu’alors, les demandes de forage dans ces zones, bien que majoritairement rejetées, pouvaient être autorisées dans des “circonstances exceptionnelles” favorisant l’intérêt public.

La député du Labour Caroline Flint a d’ailleurs évoqué “une grande victoire pour la protection de l’environnement”. Elle affirme que  “grâce à l’amendement du Labour, le gouvernement a été contraint d’accepter une meilleure protection et des garanties plus solides avant tout fracking”. Il s’agirait donc également d’un bond écologique pour certains.

Le gouvernement de David Cameron vient ainsi de franchir un nouveau pas dans l’exploitation du gaz de schiste, en concédant aux travaillistes des conditions environnementales plus sûres concernant la fracturation hydraulique. De quoi peut-être relancer la révolution énergétique tant attendue en Angleterre, qui espère toujours copier sans grand frère américain. Même si c’est encore loin d’être gagné.

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