Ineos à la recherche de gaz de schiste en Grande-Bretagne

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Ineos, basé en Suisse et premier groupe chimique en Angleterre, va investir près d'un milliard de dollars (800 millions d'euros) dans la recherche de gaz de schiste au Royaume-Uni et en Écosse. L'entreprise rêve de reproduire la révolution énergétique qui a récemment eu lieu aux États-Unis. Et de voler au secours de l'industrie britannique.

 

INEOS SE DIVERSIFIE

Le patron d'Ineos, Jim Ratcliffe, n'a pas l'habitude de l'exploitation d'hydrocarbure. Leader dans le domaine de la chimie, il a pourtant décidé d'investir dans le gaz de schiste, et veut en devenir le premier acteur dans son pays. Une nouvelle filiale a même été créée pour l'occasion : Ineos Upstream.

Ce ne sont pas moins de 640 millions de livres qui viennent d'être débloquées pour la recherche de gaz dans les sous-sols anglais. Malgré le fait que des doutes subsistent sur le potentiel des réserves souterraines britanniques, l'entreprise prévoit le forage de centaines de sites sur les six prochaines années. Et relance ainsi la confiance de tous les acteurs du milieu.

Après GDF Suez et Total, Ineos est le troisième groupe d'envergure à se lancer dans l'aventure. Le but : copier ce qui s'est passé en Amérique depuis dix ans. « Aujourd'hui, le gaz en Europe est trois fois plus cher qu'aux États-Unis », souligne Jim Ratcliffe. Faire baisser le coût de l'énergie dans les usines semble donc être maintenant l'une de ses priorités. L'entreprise aurait alors accès à du gaz bon marché, qu'elle pourrait notamment utiliser au sein de son secteur pétrochimique. Son réseau de raffinerie basé à Grangemouth, en Écosse, en bénéficierait notoirement.

 

DOUTE ÉCOLOGIQUE

Dès l'annonce d'Ineos de son investissement dans le gaz de schiste, de nombreux groupes environnementaux ont élevé la voix. La peur principale vient de la technique d'extraction du gaz elle-même, la fracturation hydraulique.

Cette dernière consiste à injecter un mélange de sable, d'eau et de produits chimiques à forte pression dans le sol pour permettre de libérer le gaz et de l'exploiter. Les craintes d'une pollution des sols et d'une dégradation des paysages se font désormais entendre. L'aggravation possible de l'effet de serre par les fuites de gaz est également pointée du doigt. Ces accusations reposent cependant sur des hypothèses qui n'ont pour l'instant pas été vérifiées scientifiquement : leur légitimité reste encore à être prouvée.

 

SOUTIEN DU PREMIER MINISTRE

Malgré les protestations écologiques, le premier ministre conservateur David Cameron apporte tout son soutien à cette initiative. Il se démarque ainsi nettement de la méfiance du gouvernement français face à l'exploitation du gaz de schiste. Matthew Hancock, le secrétaire d’État aux Entreprises et à l’Énergie britannique, considère d'ailleurs sur Twitter qu'il s'agit d'« une solide avancée pour cette importante source d'énergie ».

Reste maintenant à voir la réalité de l'investissement d'Ineos, et les résultats des recherches outre-manche de ce précieux hydrocarbure. Si elles s'avèrent concluantes, il se pourrait bien que nos voisins anglais prennent une certaine longueur d'avance sur le reste de l'Europe en matière énergétique.

 

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