L'Europe ne veut-elle pas profiter de « l'âge d'or » du gaz naturel ?

europe  gaz de schiste

Les experts du secteur gazier, réunis à Deauville, sont formels et inquiets :  si l'Europe continue sur cette voie elle sera coupée de « l'âge d'or » du gaz naturel qui est prévu pour les prochaines décennies. Un paradoxe alors que tous les pays sont en crise.

L'industrialisation des pays émergents et du tiers-monde destine la demande d'énergie à une véritable explosion et le gaz naturel semble être la solution. Celui qu'on appelle désormais « l'or belu » bénéficie d'un « triple A » sur le marché des investissements, comme le rappelle Philippe Boucly, directeur général de GRTgaz.

« Abondant, acceptable et abordale », selon les mots de Mr Boucly, le gaz de schiste permettrait quelques 200 années de consommation d'hydrocarbures supplémentaires au rythme actuel au niveau mondial.

De plus, le gaz a des émissions de CO2 beaucoup plus faibles que le charbon, ce qui en fait une énergie préférable au niveau des énergies fossiles.
La demande mondiale en gaz, portée par ces facteurs, devrait subir une hausse de 17% d'après Anne-Sophie Corbeau, spécialiste du gaz à l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). Une aubaine pour les compagnies pétrolières et les Etats.

Mais en Europe la tendance n'est pas à la consommation de gaz : alors que dans le monde entier la demande était en hausse de 2% environ, le vieux continent a vu sa demande baisser de près de 11%. Un continent à contre-courant, donc, où le gaz ne fait pas le poids auprès des citoyens face aux arguments écologistes prônés par les énergies renouvelables.

Si la Pologne fait office de rebelle à la tendance générale européenne c'est peut-être qu'elle veut suivre l'exemple de l'Amérique du Nord où le prix du gaz a considérablement chuté après le début de l'exploitation du gaz de schiste. De plus, la Pologne espère aussi s'affranchir du gaz russe qui n'est pas moins des deux tiers de sa consommation.

Le patron de la filiale française de Gazprom, le géant russe, Iouri Virobian, accuse aussi l'Europe de mettre des barrières au développement de cette source d'énergie en limitant la construction de gazoducs et en subventionnant trop généreusement les énergies de type écologique et renouvelable.

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