Allemagne : la fracturation hydraulique acceptée

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Alors que l’Europe reste globalement réservée par rapport à l’exploitation du gaz de schiste, l’Allemagne vient de faire un grand pas en avant en autorisant sur son sol la fracturation hydraulique. Elle devient ainsi l’un des tous premiers pays du vieux continent à accepter l’extraction de ce gaz sur son sol.

 

Une première en Europe

 

Nos voisins germanophones ont donc pris le contre-pied de la tendance actuelle européenne, en autorisant sur ses terrains la technique de la fracturation hydraulique. Interdite dans quasiment l’ensemble de l’Union Européenne, y compris en France, cette technique permet d’extraire le gaz de la roche.

 

Le principe consiste à injecter de l’eau associée à des produits chimiques à haute pression dans les sous-sols, afin de faire exploser le schiste contenant le précieux hydrocarbure. Souvent décriée par les écologistes, la nocivité de cette technique n’a pourtant toujours pas été établie de façon certaine par les scientifiques.

 

Le but des allemands est simple : ouvrir la voie à une révolution énergétique dans leur pays, ce qui leur permettrait d’augmenter drastiquement leur indépendance en terme de consommation de gaz. Et notamment de se détacher de pays fournisseurs comme la Russie, qui dans le contexte actuel n’est plus à proprement parler un véritable allié.

 

 

L’opposition écologique

 

Les écologistes allemands, de leur côté, se disent choqués par cette nouvelle loi. Eux qui bataillent depuis des années pour l’interdiction de la fracturation en Allemagne ne comprennent pas la position du gouvernement.

 

Sascha Müller-Kraenner, le directeur général de l’organisation de protection de l’environnement Deutshe Umwelthilfe, ajoute que « la fracture hydraulique dans les réservoirs comme les bancs de houille ou de gaz de schiste est liée à des risques très importants pour la nappe aquifère et pour la stabilité des sous-sols. Il est incompréhensible de l’autoriser ».

 

Et d’ajouter qu’ « au lieu de soutenir l’extraction et la recherche liée aux énergies fossiles en Allemagne, le gouvernement devrait se concentrer sur l’application de l’Energiewende (transition énergétique) ». Il insiste ainsi sur le fait que les bénéfices seraient loin d’égaler les risques. Pourtant, des mesures environnementales et des mesures de sécurité sévères accompagnent l’application de ce nouveau texte.

 

Des règles strictes

 

En effet, afin de rassurer la population vis-à-vis de cette nouvelle loi sur la fracturation hydraulique, de nombreuses règles ont été édictées afin d’entourer son application. Et par là même minimiser son impact direct sur l’environnement. Les puits d’extraction, notamment, ne pourront pas être établis n’importe où, et seront soumis à des normes écologiques très restrictives.

 

« Avec cette proposition, nous appliquerions les règles les plus strictes de l’histoire de l’industrie et de la fracturation », souligne la ministre de l’environnement Barbara Hendricks. Elle déclare également que des essais sont déjà en cours, afin de vérifier la validité des protocoles édictés.

 

Alors que la France reste au point mort sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste, et que l’Angleterre rame encore pour faire accepter par l’opinion publique cette nouvelle source d’énergie potentielle, l’Allemagne prend les devants. Et pourrait bien prendre la tête d’un futur peloton européen. Car les sous-sols de l’U.E., à en croire les spécialistes, regorgent de gaz, ce qui pourrait peut-être un jour nous permettre de copier la révolution énergétique américaine. Encore faudrait-il que tous les pays européens agissent à l’unisson, et parlent d’une même voix au devant de la scène internationale.

 

 

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