Espagne : Oui à fracturation hydraulique

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Le gouvernement espagnol vient de décider d’opter pour la fracturation hydraulique, afin de relancer son indépendance énergétique. Et ce malgré de nombreuses oppositions, dont la Catalogne.  

 

Des mesures inédites

 

L’Espagne n’est pas un pays connu pour son secteur énergétique. En effet, la péninsule ibérique importe près de 99% de ses hydrocarbures. Le ministre de l’industrie et de l’énergie, Jose Manuel Sora, a décidé de changer la donne.

 

De nouvelles mesures ont en effet été prises par le gouvernement afin de favoriser l’exploitation du gaz de schiste. La loi sur les hydrocarbures datant de 1998 a ainsi été largement modifiée, permettant notamment l’autorisation de plus de 70 permis de recherche, alors que 60 autres restent en attente de validation.

 

À cela s’ajoute l’ajout d’une nouvelle taxe sur les hydrocarbures, à hauteur de 8%. Ce qui permettrait de financer les régions prospectrices. Les propriétaires des sols exploités, au lieu d’être simplement dédommagés, pourraient quant à eux devenir actionnaires de ces projets, leur permettant d’obtenir près de 1% des bénéfices engendrés.

 

 

Un parcours du combattant

 

Ces mesures de tailles on été prises après un véritable bras de fer avec le gouvernement catalan. Ce dernier avait par exemple récemment modifié sa loi sur l’urbanisme pour empêcher l’établissement de toute structure aidant à l’exploitation du gaz de schiste.

 

Alors qu’en Andalousie, un moratoire interdisant la fracturation hydraulique a commencé à être débattu, de nombreuses villes espagnoles se sont également élevées contre cette pratique. Une véritable guerre d’usure s’est mis en place dans tout le pays.

 

David Alameda, le directeur de Shale Gas España, ne pensait pas pouvoir forer avant 5 ans. Malgré le soutien inconditionnel du gouvernement, “personne n’ose être le premier à forer” selon lui. Mais les groupes pétroliers restent puissants en Espagne, et la partie est loin d’être terminée.

 

 

Un enjeu de taille

 

L’enjeu d’une telle décision est considérable. Surtout dans un pays où la quasi-totalité du gaz consommé provient de l’exportation. Le gouvernement entend ainsi redonner à l’Espagne une certaine autonomie énergétique pour les années futures.

 

Un rapport du conseil supérieur des écoles d’ingénieurs de mines de Madrid, publié en 2013, pointe notamment la quantité de gaz disponible dans le sous-sol ibérique. Cette dernière équivaudrait à 39 années de la consommation actuelle du pays. De quoi redonner de l’espoir au gouvernement et aux grands groupes pétroliers.

 

Alors que les écologistes et de nombreuses régions espagnoles dénoncent cette étude, le premier ministre Mariano Rajoy entend bien leur prouver qu’il y a bien du gaz sous leurs pieds. D’où les nombreuses mesures prises en ce début d’année, dont l’autorisation de la fracturation hydraulique dans un grand nombre de municipalités. L’affrontement ne fait que commencer.

 

 

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