L’Europe et le gaz de schiste : je t’aime moi non plus

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Le verdict est tombé : Chevron renonce à l’exploitation du gaz de schiste en Pologne. Même si cette décision de la part de la major américaine peut surprendre, ce n’est pourtant pas un acte isolé. D’autres désertent également l’Europe, où l’avenir du gaz de schiste s’assombrit.

 

Exploration en Europe : un faux-départ ?

 

Aux États-Unis, l’exploitation du gaz de schiste fait rêver toute l’Europe. Alors que l’hydrocarbure a permis au pays de l’oncle Sam de faire exploser son indépendance énergétique, beaucoup aimeraient copier ce modèle sur le vieux continent.

 

Pourtant, malgré de récents efforts, l’exploitation commerciale du gaz souterrain n’a pas à proprement parler commencer en Europe. Alors que l’Amérique estime les réserves européennes à plusieurs milliers de milliards de mètres cubes, toujours pas exploités. De quoi faire grincer quelques dents du côté des industriels.

 

Car contrairement à son grand-frère outre-atlantique, l’UE n’en est qu’au début des explorations et exploitations de cette nouvelle source d’énergie, aussi bien économiquement que technologiquement. Sans parler des nombreux obstacles qui se dressent sur sa route.


 

Un parcours du combattant

 

En Europe, contrairement aux USA où les lois sont beaucoup plus permissives, les potentiels exploitants se heurtent souvent aux lois anti-fracturation hydraulique des pays. Cette méthode consistant à injecter de l’eau en sous-sol pour faire exploser la roche et recueillir le gaz est ainsi toujours interdite en France, et soumis à un moratoire en Allemagne.

 

Même si la nocivité de cette technique reste à débattre, les partis écologistes pèsent de tout leur poids pour empêcher son autorisation. À cela vient souvent s’ajouter des difficultés d’ordre physique, comme la dureté des sols. C’est notamment le cas de la Pologne, qui a vu Total mettre les voiles hors du pays.

 

"Je ne connais aucune personne sérieuse qui pense que l'Europe va connaître une révolution du gaz de schiste avant au moins 15 ans", souligne Paul Stevens, de l'institut britannique de réflexion sur l'énergie Chatham House. "Cela n'arrivera pas parce qu'il y a trop d'obstacles".


 

Angleterre : un nouvel espoir

 

Certains pays continuent malgré tout d’y croire encore. En tête, la Grande-Bretagne, qui investit massivement pour la recherche de gaz de schiste, et qui compte bien copier la révolution énergétique américaine, tout en compensant le déclin de son industrie pétrolière.

 

Un grand nombre de puits ont ainsi été forés chez nos voisins anglais, mais l’opposition au “fracking” (fracturation hydraulique) est également là-bas en plein essor. La production commerciale reste donc au point mort. Un moratoire vient ainsi d’être mise en place en Écosse sur le développement de toutes ressource pétrolière et gazière non conventionnelle.


Les sous-sols de la région pourraient pourtant couvrir 30 ans des besoins énergétiques britanniques en gaz. Selon John Williams, membre du cabinet de consultants Poyry, "il est extrêmement difficile à l'heure actuelle de dire où le gaz de schiste va démarrer en Europe". Et comme si cela ne suffisait pas, la récente chute des cours du pétrole vient plomber toute l’industrie du pays. La faute en particulier à une surabondance de l’offre, provenant de l’explosion de l’exploitation de gaz et de pétrole de schiste aux États-Unis…

 

 

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