Gaz de schiste : Denton et New-York se privent de la fracturation hydraulique

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La petite ville de Denton, au Texas, suivie de près par l’État de New-York, vient d'interdire la fracturation hydraulique sur son sol. La faute à de prétendus risques pour la santé publique. Cette décision est loin de faire l'unanimité.

La révolte Texane

Loin d'avoir le profil des écologistes new-yorkais, les habitants de Denton ont adopté lors d'un référendum un moratoire sur l'exploitation de nouveaux puits de gaz de schiste dans leur ville. Située à une petite demi-heure de Dallas, Denton n'est pourtant pas n'importe quelle ville : c'est là qu'avait eu lieu la toute première fracturation hydraulique aux États-Unis.

La faute, selon les habitants, à une trop proche proximité des forages vis-à-vis de leurs habitations, ce qui leur apporte nuisances sonores et visuelles. D'après Ed Ireland, le représentant des industries pétrolières et gazières de la région de Dallas, « C'est la faute de la ville ! ». En effet, cette dernière « n'aurait pas dû autoriser les habitants à construire des maisons aussi proches des champs de gaz ».

Néanmoins, selon Kevin Roden, cette interdiction ne va pas porter de préjudice économique à la ville, la majorité de la production étant exportée. D'autant plus que les ouvriers et les ingénieurs ne restent en général que peu de temps sur place, juste de quoi fracturer les puits, après quoi les forages fonctionnent en quasi-autonomie.

 

New-York écologique ?

Après le Texas, c'est l’État de New-York qui a suivi le mouvement. Alors que les autorisations de forage étaient déjà suspendues depuis 2008, le gouverneur Andrew N. Cuomo vient de les bannir définitivement.

Une étude sur la santé pointe du doigt la pratique de la fracturation hydraulique, qui présenterait des risques pour la santé publique, ainsi qu'une possible pollution de l'eau et de l'air. Il ne s'agit cependant pour l'instant que du point de vue du commissaire à la santé Howard A. Zucker, et cet avis est loin de rassembler.

Qui plus est, bien que l’État new-yorkais revendique d'importantes réserves de gaz de schiste, il n'est pas considéré comme un important producteur d'énergie. Cette interdiction n'aura donc qu'un faible impact sur la production énergétique américaine. Et de nombreux opposants élèvent déjà la voix contre cette décision.

 

Réaction et contre-attaque

L'interdiction de la fracturation hydraulique dans l’État de New-York est une première. En effet, dans la plupart des autres états américains, le débat porte sur les termes de l'exploitation du gaz de schiste plutôt que sur son autorisation ou non.

Alors que les écologistes dénoncent une source d'énergie soi-disant sur-estimée, les groupes et industries liées au gaz naturel affirment que l'état prive ses citoyens d'un élan économique capital. Les producteurs de gaz soulignent également que le processus d'extraction est depuis longtemps éprouvé, et que tant que les taux de production demeureront constants, ce ne seront pas moins de 100 milliards de dollars qui viendront s'ajouter à l'économie du pays chaque année.

Alors que Mr. Cuomo avouait plus tard être « lié à la décision des experts », l'institut américain du pétrole annonçait qu'il allait « poursuivre la lutte pour que l’État de New-York bénéficie de cette avancée ». Ce qui va dans le sens de la population américaine, soutenant dans sa majorité le gaz de schiste.

 

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