Baisse des prix du pétrole : impact sur le gaz de schiste américain

États-Unis  Crise  Gaz de schiste

Les cours du baril ont commencé à chuter dès mi-juillet de l’année dernière, ce qui a eu pour effet un impact négatif sur les grandes compagnies pétrolières. Mais le gaz de schiste, lui aussi, est directement touché par cette descente brutale de la valeur de l’or noir.

 

Les puits américains, source d’emploi

 

L’exploitation du “shale gas” comme on l’appelle outre-atlantique est une véritable institution aux États-Unis. Fort d’innovation et de lois permissives quant à la technique de fracturation hydraulique, l’Amérique a relancé son indépendance énergétique depuis 2010. Mais aussi la création d’emploi, cela à grand coup de forages de puits de gaz.

 

Car ces puits, contrairement aux gisements de pétrole, se vident très vite. En effet, la perte de rendement après la première année d’exploitation d’une installation varie entre 60% et 90%. Une manne économique certes, mais qu’il convient donc de renouveler régulièrement, par le forage permanent de nouveaux puits. Une bénédiction contre le chômage.

 

Englobant près de 870 000 salariés en 2015, l’industrie du gaz de schiste américaine est donc massive. Mais si jusque là la production et la création de nouveaux puits étaient assurées par les majors pétrolières, la baisse du prix du pétrole pourrait venir changer rapidement la donne.


 

Ralentissement des forages

 

Si l’industrie du pétrole peut se permettre d’accorder autant d’importance à l’exploitation et à l’exploration du gaz de schiste, c’est pour se créer de nouvelles sources de revenus. Mais aussi parce que leur premier métier, l’hydrocarbure classique, leur apporte assez d’argent pour leur permettre de se diversifier. Or, depuis l’année dernière, ce n’est plus vraiment le cas.

 

C’est donc sans surprise que le premier impact de la baisse de l’or noir se fait ressentir au niveau du nombre de permis de forages délivrés. En effet, les grandes compagnies préfèrent pour le moment “geler” cette partie de leur industrie, et se concentrer sur le “bon vieux pétrole”.

 

Ainsi, le nombre de puits a chuté de 15% en deux mois aux USA. Même au Texas, pays du gaz par excellence, le nombre de gisement est passé d’un record de 934 à moins de 885 puits courant octobre 2014. Ce qui a eu notamment pour effet de réduire les investissements dans l’exploration offshore jusqu’à 30%.


 

Crise des emplois du gaz

 

La conséquence direct de ce net ralentissement de l’industrie et de l’économie du gaz de schiste est bien évidemment la perte massive d’emplois. Les sociétés prennent de la distance, et réduisent drastiquement leurs dépenses. Alors que Total compte faire baisser ses investissements de près de 10%, BHP Billiton prévoit de passer de 26 à 16 plate-formes de pétroles de schiste. Soit une coupure sèche de 40%.

 

Les emplois indirects sont eux aussi également durement touchés. Depuis décembre 2014, les trois principaux acteurs pétroliers (Schlumberger, Halliburton et Baker Hughes) ont par exemple annoncé 17 000 suppressions d’emplois. Le secteur chimique est également impacté. Lui qui prévoyait d’investir 77 milliards de dollars dans la recherche, assurant ainsi la création de 46 000 emplois directs et 200 000 sous-traitants, va devoir fortement revoir ces chiffres à la baisse.

 

Alors que la FED, la Réserve Fédérale Américaine, nuançait encore il y a peu sur le relatif déclin de l’industrie du gaz de schiste et affirmait que les conditions du marché continuaient à s’améliorer et que la création d’emploi ne freinait pas, elle va certainement devoir repenser son discours rapidement. Et qui sait, peut-être même venir en aide aux principaux acteurs du schiste américains si la crise du pétrole ne freine pas.

 

 

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