Peña Nieto veut une réforme énergétique pour que le Mexique aille de l'avant

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Il s'est écoulé 75 ans depuis que le président Lázaro Cárdenas a saisi l'industrie pétrolière étrangère qui dominait le pays et a placé chaque goutte de pétrole sous la propriété du peuple mexicain. Mais si cela a été l'objet d'une fierté nationale durant un temps, le monopole géré par l'Etat qu'il avait créé, nommé Permex, est devenu un dinosaure. Le pays devrait donc se tourner vers le gaz de schiste.

Noyé sous les dettes, possédant une technologie dépassée, Pemex n'est plus ce qu'il fut jadis. Le gouvernement mexicain siphonne les revenus de la compagnie pour couvrir à peu près un tiers du budget fédéral, laissant des fonds insuffisants pour ce qui est devenu une tâche critique : trouver plus de pétrole.

Mexico reste la troisième plus grande source étrangère de pétrole pour les Etats-Unis, après le Canada et l'Arabie Saoudite. Mais la pompe du pays est rapidement à sec. Et l'entreprise ne dispose pas de la technologie et du savoir-faire suffisant pour creuser dans les vastes réserves de gisements plus difficiles à atteindre censés exister sous les déserts et les mers du Mexique.

Reprendre en main la compagnie pétrolière est devenue la priorité première du nouveau président Enrique Peña Nieto. Avec un plan de remaniement prévu pour l'été prochain, les Etats-Unis et les autres compagnies d'énergie attendent de voir si le Mexique créera une fois de plus une fissure à l'extérieur des trésors d'hydrocarbures du pays, y compris les énormes réserves pratiquement inexploitées de gaz de schiste au sud de la frontière avec le Texas.

La question est de savoir si le Mexique va embrasser le modèle prospère et géré par l'Etat qu'ont adoptés le Brésil et la Norvège. Les compagnies nationales pétrolières peuvent créer des partenariats avec les compagnies étrangères et vendre des actions à des investisseurs.

L'administration de l'information énergétique des Etats-Unis a calculé que le Mexique disposerait de la quatrième plus grande réserve de gaz du monde, avec le potentiel d'assurer des décennies d'énergie à bas coût et d'offrir une motivation supplémentaire aux investisseurs de placer leur argent au Mexique plutôt qu'en Chine.

Néanmoins, pour le moment, les exportations de pétrole du Mexique vers les USA sont en chute, se situant en dessous du million de barils par jour pour la première fois depuis 1994.

Pour ceux désirant pousser vers le changement, le challenge est autant politique que technique. La Constitution mexicaine empêche  essentiellement le pays de former des partenariats de joint-venture avec l'extérieur Les analystes pensent que ces restrictions devront être mises au rebut si le pays souhaite attaquer les foreurs étrangers.

Peña Nietoa placé l'un de ses proches, Emilio Lozoya, à la tête de Pemex, même si celui-ci n'a jamais géré de compagnie pétrolière de sa vie. Le président insiste sur le fait que l'objectif est de moderniser la compagnie, et non pas de la privatiser, comme le déclarent les opposants.

« C'est une réforme qui permettra l'introduction de nouvelles technologies, dont nous manquons, et d'accélérer la croissance de nos réserves d'énergie afin d'avoir des coûts d'électricité plus bas pour les familles et les entreprises mexicaines, et pour nous donner une industrie énergétique plus dynamique », a déclaré Peña Nieto lors d'un discours commémorant le 75ème anniversaire du jour de l'Expropriation.

Le remaniement de Pemex afin de pouvoir se tourner vers le gaz de schiste sera confronté à de nombreux obstacles. La surabondance de gaz naturel provenant des USA et la sécheresse persistante dans le nord du Mexique mettent à mal les perspectives d'utilisation de la fracturation hydraulique pour atteindre les gisements de schiste, car la méthode nécessite de grandes quantités d'eau.

Néanmoins, le gaz de schiste peut être vu comme un objectif stratégique national dont la finalité n'est pas de faire de l'argent sur les ventes de gaz, mais de baisser le coût de l'électricité pour les manufactures mexicaines.

John Padilla, analyste à l'IPD, a déclaré que les ressources du pays sont trop variées pour qu'une seule entreprise puisse les manipuler.

« Dire que Pemex ou toute autre entreprise du secteur privé pourrait faire tout cela est complètement faux. » a-t-il dit. « Le Mexique n'a pas la main-d'oeuvre ou les ressources, et souhaite diversifier ses risques ».

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