Les USA s'engagent à émettre moins de méthane pour leurs exploitations

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Malgré le formidable levier de croissance que l'exploitation du gaz de schiste a engendré dans le pays, les Etats-Unis empruntent désormais la voie de la préservation de l'environnement. Une nouvelle direction est prise car le pays  souhaite diminuer de 40% les émissions de méthane d'ici 2025.    

Les Etats-Unis ont beau être devenu les tous premiers producteurs de gaz naturel de la planète, ils n'en restent pas moins concernés par la pollution climatique que l'activité génère.

Le Président a ainsi récemment déclaré qu'il était d'un côté hors de question de ralentir ou de stopper l'exploitation du gaz de schiste mais que pour autant les émissions de méthane devaient absolument être réduites de 40% au cours des dix prochaines années.

Une annonce qui fait grand bruit surtout lorsqu'on se penche sur la réalité de la situation. Car la tendance globale va plutôt nettement à l'encontre des souhaits d'Obama : une hausse des émissions de méthane de l'ordre de 25% pour 2025 est en effet ce vers quoi tend le pays.  

Principal responsable du réchauffement climatique, en seconde position derrière le dioxyde de carbone, le méthane s'échappe en quantité massive des puits d'exploitation du gaz de schiste. Un gaz qui représente non moins de 10% de la quantité totale des gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère rien que pour les USA.

Président du Fonds pour la Défense de l'Environnement, Fred Krupp estime que les exploitations de gaz de schiste "polluent autant que le feraient 180 centrales à charbon". Pour autant, il salue la récente prise de position d'Obama en indiquant que "La réduction des émissions de méthane est l'une des mesures les plus rapides et efficaces que nous puissions prendre pour ralentir le réchauffement climatique à court terme." Un engagement qui va donc dans le bon sens.

Une équation complexe et une stratégie de moyens encore vague

Barack Obama emprunte ainsi la voie de la sobriété écologique, la voie de la raison diraient même certains. Mais force est de constater qu'il a face à lui une équation bien complexe à résoudre.

Comment faire cohabiter une activité jusque là florissante avec des objectifs drastiques de réduction des gaz à effet de serre ?

Comment satisfaire certains acteurs de l'activité qui doivent faire face à une récente baisse de leur rentabilité (diminution du cours du pétrole et du gaz) et à la fois leur faire passer une pilule difficile à avaler ?

C'est toute la complexité l'enjeu du Président américain. Avec pour appuyer sa décision une stratégie de moyens encore très vague. Seule l'Agence de Protection de l'Environnement a déclaré qu'elle entendait bel et bien durcir la réglementation dès cet été pour les prochaines exploitations de gaz de schiste. Mais rien de concret encore à ce jour.

Le Congrès freine des quatre fers et promet à Obama de longues heures de discussions houleuses sur la question. Mais on peut raisonnablement penser que le Président ne souhaite pas laisser derrière lui un bilan écologique terne et entaché par les exploitations de gaz de schiste. Il penchera alors certainement vers une résolution du problème par voie règlementaire. 

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