Le Collectif « Stop au gaz de schiste » pas forcément « contre l’exploitation du gaz de schiste »

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Le lancement en France de travaux de recherche sur de nouvelles techniques d’extraction, autres que la fracturation hydraulique, n’a évidemment pas laissé indifférent le groupe « Stop au gaz de schiste », qui concède que le collectif ne serait « bien entendu pas contre l’exploitation de ces énergies », à condition de trouver « une méthode qui ne met pas en danger l’environnement ».

Bruno Leroux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, affirmait le weekend dernier que « la question des gaz de schiste doit continuer à bénéficier de la recherche et de la science ». Cette déclaration n’a pas surpris le collectif du Var « Stop au gaz de schiste ».

« Nous nous y attendions, explique Pierre Arnoult, porte-parole du groupe. Surtout après la déclaration de Hollande selon laquelle la recherche sur d’autres techniques que la fracturation hydraulique continuait. »

Les opposants au gaz de schiste restent cependant sceptiques en matière de possibles progrès de la science pour rendre l’extraction des gaz de schiste sans risques pour l’environnement : « On prétexte des recherches scientifiques qui pourraient rendre les méthodes d’extraction acceptables pour l’environnement. Techniquement, nous nous demandons bien comment… »

Cependant, la recherche pourrait bien faire des découvertes bénéfiques, à la fois pour l’homme et pour la cause écologique. Le collectif varois, « Stop au gaz de schiste », laisse ainsi une porte ouverte à l’exploitation de cette ressource gazière :

« Si, par miracle, quelqu’un découvre une méthode qui ne met pas en danger l’environnement, nous ne sommes bien entendu pas contre l’exploitation de ces énergies », explique Pierre Arnoult.

Réactions et commentaires
Ce porte-parole d'on ne sait quoi a l'air de porter surtout sa parole. Les délires sont toujours bons à prendre pour les pro-GDS.
Carole Auliac | Le 21 novembre 2012 à 18:11:54
Non, le Var ne croit pas aux miracles

Depuis quelques semaines, un certain discours insistant, martelé par les uns et les autres, insinuerait qu'une exploitation propre des gaz et huiles de schiste serait possible, qu'elle serait une chance pour la France, en cette période de crise, un véritable trésor, sur lequel nos enfants seraient assis.

Nous avons entendu M. Rocard voir la «France est bénie des dieux». L'ancien Premier Ministre estime que le gaz de schiste est une chance dont la France ne devrait pas se priver... Il ajoute que "quand on sait que le gaz de Lacq était extrait par fracturation hydraulique sans dégâts sur place, on s'interroge..." Toutes affirmations reprises sans vérification par M. Fillon.

Rappelons leur, d'une part,  le gaz de Lacq n’a pas été obtenu par fracturation hydraulique. Il est sorti de terre tout seul, comme un grand, poussé par la pression, détruisant au passage les installations de forage. Et d'autre part, si la publicité faite alors dans les médias sur le nouvel Eldorado français était euphorique, on retrouve dans les archives de l’Assemblée nationale des visions moins idylliques: la séance du 17 juin 1960 évoquait des problèmes de déplacements d’agriculteurs, de dégagements accidentels de gaz, de renforcement des centres de secours sanitaire et de pollution atmosphérique créée par les dégagements quotidiens de grande quantité de soufre. On est bien loin du Quatar.

Passons sur Claude Allègre qui par ses prises de position déshonore le scientifique qu'il a pu être. Rappelons que l'ex-ministre fut désavoué par ses pairs en septembre 2010, lors d'un débat organisé par l'Académie des Sciences.

Et tout cela pour un hypothétique bénéfice économique à l'horizon 2020, tout cela pour exploiter une énergie fossile qui sera épuisée quelques années plus tard. Faut-il aussi évoquer le retrait d'Exxon de Pologne, où il a exploré des gisements de gaz de schiste sans en trouver en quantités commercialement exploitables. Nous n'avons pas oublié que l'urgence, c'est aussi de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, que l'urgence c'est de préparer la transition énergétique à venir, que l'urgence c'est de préparer l'avenir de nos enfants.

Non, nous ne croyons pas au miracle, il n'y aura pas de méthode d'extraction des gaz de schiste qui soit propre !
Quand bien même, il resterait les fuites de méthane, les remontées de métaux lourds, d'arsenic, d'éléments radioactifs, etc. et puis, faut-il le rappeler, une plate-forme de forage, même propre, ce sont des hectares bétonnés, des camions, des gazoducs.

S'il est un trésor que nous voulons partager avec nos enfants, c'est bien celui d'un environnement préservé. Le permis de Brignoles est aujourd'hui rejeté. Mais les collectifs varois restent vigilants, leur position reste la même. Nous ne voulons pas d'exploitation de gaz de schiste, ni ici, ni ailleurs.

Collectif Var | Le 23 novembre 2012 à 20:26:57
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