Montebourg-Ayrault : comment a commencé le litige ?

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L'inimitié entre le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne date pas d'hier. Déjà, sur le dossier Florange, les deux hommes étaient en désaccord, l'un envisageant la nationalisation du site et l'autre réfutant cette idée. Pendant plusieurs semaines, il n'était plus question de la relation houleuse des deux élus jusqu'à mercredi, au sortir d'une réunion de l'Assemblée nationale. Retour sur les causes du conflit.

Créer une compagnie publique pour une exploitation « écologique » du gaz de schiste. Cette proposition d'Arnaud Montebourg a mis fin à la halte d'un conflit l'opposant depuis toujours au bras droit de François Hollande.

Montebourg et Ayrault, le duo infernal

En affirmant « qu'on arriverait avec la technologie dans très peu de temps au gaz de schiste écologique, où il n'y a pas de pollution » et que de ce fait, il fallait songer à une exploitation prochaine, Montebourg s'est -une nouvelle fois- attiré les foudres d'Ayrault.

En déplacement à Bucarest, le Premier ministre n'a pas manqué de signifier qu'il était « exclu d'exploiter des gaz de schiste en France », rappelant qu' « il n'y avait qu'une politique au gouvernement » et que celle-ci serait « évidemment maintenue ».

Loin de mettre fin à leur accrochage, cette remontrance a suscité une nouvelle réaction chez le ministre du Redressement productif dont le Premier ministre se serait bien passé : affirmant ne pas s'être écarté de la « ligne gouvernementale », Montebourg a même jugé ses déclarations « très bien », rappelant indirectement les propos du président de la République en novembre : « Je laisse les entreprises et les chercheurs travailler [pour rechercher des techniques alternatives à la fracturation hydraulique] et je prendrai mes responsabilités le moment venu ».

Gaz de schiste : une position incohérente

Un énième imbroglio dans les plus hautes sphères de l’État qui agace certains élus, à commencer par l'ancienne ministre de l’Écologie, Delphine Batho : « Ce serait la moindre des choses que le Premier ministre lève l'ambiguïté permanente qui est entretenue sur cette question », a-t-elle lancé.

Du côté du ministère de l'Agriculture, on relève « un manque de cohérence ». Plus virulent, Jean-Vincent Placé, à la tête du groupe écologiste au Sénat, a déclaré que Montebourg était « nuisible à l'écologie, nuisible au gouvernement ». Et d'ajouter qu'il « sait que ce n'est pas la position du gouvernement, sait que ce n'est pas la position du président de la République […] et il en rajoute une couche ».

L'issue de ce conflit dépendra de la manière dont Jean-Marc Ayrault abordera les choses : l'indifférence ou la réplique.

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Bolosoose | Le 30 novembre 2013 à 20:50:08
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