Québec : le premier ministre interdit l’exploitation du gaz de schiste

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Le premier ministre Québequois Philippe Couillard affirme qu’il n’y aura pas d’exploitation de gaz de schiste dans son pays. Il s’appuie pour cela sur un rapport du Bureau d’Audiences Publiques sur l’Environnement (BAPE). Une possible erreur sur le plan économique ?

 

Le Québec dit non à la fracturation hydraulique

Tout commence avec un rapport du BAPE sur la fracturation hydraulique, l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, qui certifie que le développement de cette industrie n’apporterait rien de concret au pays.

« Actuellement, je ne vois pas l’intérêt de développer ça », assure le premier ministre. « Je crois de toute façon qu’il n’y a pas grand intérêt à développer cette ressource, uniquement sur le plan économique et financier », continue-t-il. Et d’ajouter que « De toute façon, l’acceptabilité sociale n’est pas là »

Le BAPE estime en effet que l’industrie du gaz de schiste ne sera pas rentable avant 25 ans. L’organisme pointe du doigt des coûts qui dépasseraient les redevances perçues au Québec. Tout en condamnant la technique de la fracturation hydraulique, qui entraînerait des risques pour la santé publique et l’environnement.

 

Le rapport du BAPE, fiable ?

Les opposants à la décision du gouvernement critiquent de leur côté la véracité des affirmations faites par le BAPE. En effet, selon eux, le bureau québequois n’a pas l’expertise requise pour effectuer un rapport fiable devant être pris en compte par les plus hautes autorités, ni même pour pousser l’analyse économique en profondeur.

Qui plus est, le pays n’a jamais bénéficié d’études sérieuses portant sur le rapport coût / bénéfice des scénarii actuellement envisagés. Il serait alors indispensable que le gouvernement établisse des travaux clairs et orientés sur le sujet, afin de regagner la confiance du public.

Un process structuré prenant en compte de la plus stricte façon l’ensemble des organisations concernées par l’enjeu du gaz de schiste serait  nécessaire. Cela permettrait de dresser aux citoyens du pays un portrait complet et impartial de la situation. Ainsi que de leur faire mesurer l’impact économique d’une telle décision, jusqu’à présent peu ou pas évoquée par le premier ministre.

 

Une alternative au « non »

La meilleure solution resterait encore, toujours selon les critiques, à autoriser quelques projets pilotes sur le sol canadien. Cela afin de mesurer rigoureusement la disponibilité de cette ressource, de collecter un certain nombre de données scientifiques et surtout de déterminer le potentiel actuel de développement de cette industrie.

Un examen portant sur les conséquences économiques serait également le bienvenu : il faudrait alors mesurer avec précision le nombre d’emplois que l’exploitation du gaz de schiste pourrait créer, ainsi que l’évolution du niveau de santé publique, prétendument sauvée par cette inderdiction. Cette dernière serait en réalité déjà affaiblie rien que par l’absence d’une telle étude.

Le gouvernement du Québec aurait donc tout à gagner à approfondir ce délicat sujet, en lieu et place d’une simple interdiction prise un peu trop rapidement d’près l’avis de certains.  D’autant plus qu’à l’heure où d’autres pays comme la Grande-Bretagne, le Danemark, la Pologne, la Roumanie et l’Union Européenne viennent d’autoriser l’exploitation du gaz de schiste sur la quasi-majorité de leur sol, une décision pesant dans la balance de la concurrence internationale serait la bienvenue.

 

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