Accord avec Chevron, l’Ukraine sur la voie de l’indépendance énergétique

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Nous évoquions il y a quinze jour la probable imminence de la signature d’un accord entre le géant américain Chevron et l’Ukraine, c’est désormais chose faite. Mardi 5 novembre, une troïka constituée de Derek Magness, DG de Chevron, du ministre ukrainien de l’Ecologie Eduard Stavytsky et du président de la société étatique Nadra of Ukraine s’est réunie à Kiev pour parapher le document. Viktor Ianoukovitch, président du pays, était lui aussi présent. Une collaboration qui revêt une importance capitale sur le plan économique, bien sûr, mais n’est pas non plus sans receler certains messages de portée géopolitique.

L’autonomie énergétique en ligne de mire

Le contrat signé entre le mastodonte de l’énergie Chevron et l’ex-république soviétique prévoit que Chevron investisse 350 millions de dollars dans l’exploitation du gisement d’Oleski. Dans un premier temps. A terme, l’accord pourrait déboucher sur un investissement de 10 milliards de dollars. Rien de trop pour parvenir à la production de 8 à 10 milliards de mètres cubes par an désirée par Kiev, et exploiter au mieux les… 2 980 milliards de mètres cubes que compterait le pays.

Un point sur lequel les experts préfèrent toutefois rester prudents. Dans le domaine du gaz de schiste, l’Europe de l’est n’a jamais atteint les résultats des Etats-Unis. Des gisements existent, mais leur potentiel réel reste encore à déterminer. Plusieurs campagnes d’explorations se sont déjà avérées vaines.

Peu importe, à Kiev, on préfère rester optimiste, et croire qu’on sera bientôt complètement autonome en termes d’énergie. Un rêve qui a de grandes chances de finir par se réaliser, au rythme où vont les choses. En janvier 2013 déjà, l’Ukraine avait signé un accord avec Shell pour l’exploration du gisement d’Iouzovske, tablant là aussi sur un investissement à terme de 10 milliards de dollars pour une production comprise dans une fourchette de 10 à 20 milliards de mètres cubes par an.

Mais le gouvernement ukrainien ne mise pas que sur le gaz de schiste, et préfère assurer ses arrières. Il a ainsi signé un autre accord avec Shell et ExxonMobil pour produire du gaz en mer Noire.

L’observateur un peu sourcilleux pourra se dire oui, très bien tout ça, mais ces soudaines initiatives tous azimuts pour augmenter encore et toujours sa production de gaz naturel ne cachent-elles pas quelque chose ? Si. Même si le verbe « cacher » n’est pas ici de circonstance, tant il est de notoriété publique que l’Ukraine cherche à s’affranchir du joug russe. Une volonté qui fait suite aux menaces de représailles économiques de la Russie envers l’Ukraine, si le pays de Ianoukovitch venait à signer un accord d’association avec l’UE. Ce qu’il entend bien faire, même s’il doit se retrousser les manches et répondre lui-même à ses besoins en gaz naturel. 

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