Pologne : l’américain Chevron renonce au gaz de schiste

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La récente chute des cours du pétrole a affecté l’ensemble des majors du secteur. Y compris Chevron, géant de l’hydrocarbure américain, qui doit se serrer la ceinture. Conséquence : l’entreprise se retire de l’exploration de gaz de schiste en Pologne.

 

Pas la première désillusion

 

C’est ce lundi que la compagnie pétrolière Chevron, deuxième groupe énergétique américain, a annoncé qu’elle se retirait de la Pologne, où elle avait pourtant déjà commencé à explorer les sous-sols à la recherche de gaz de schiste.

 

D’après l’entreprise, des choix ont du être actés suite à la baisse des prix du pétrole, et certains projets ont été exclus de son portefeuille. C’est le cas de la recherche de gaz en Pologne qui était confiée à la filiale polonaise du groupe, Chevron Polska Energy Resources.

 

Mais Chevron n’est pas le premier groupe pétrolier à se désintéresser du pays de l’Est. L’année dernière, l’italien Eni et le français Total avaient ainsi déjà renoncé aux recherches. De même pour Marathon Oil, Talisman et le tout puissant Exxon, qui s’étaient désintéressés encore plus tôt du sous-sol polonais. Beaucoup d’abandons donc, Chevron ne faisant que suivre l’exemple.


 

Le cas Chevron

 

Le groupe avait déjà annoncé une réduction de ses investissements en 2015, qui ne s’éleveront qu’à hauteur de 35 milliards de dollars, soit une baisse nette de 13% par rapport à son budget de 2014. Au quatrième trimestre de l’année dernière, le groupe a connu un revers important avec une chute de son bénéfice de 30%.

 

Chevron a donc suspendu le rachat d’actions, et se concentre désormais sur ses activités les plus lucratives. Le plongeon du prix de l’or noir l’oblige à recadrer fortement sa politique économique, sous peine de résultats financiers qui pourrait le mettre à mal, face à des concurrents qui ne lâchent pas tous l’affaire.

 

Ainsi, certaines compagnies continuent de croire à la Pologne. C’est notamment le cas de grands groupes comme Stena, CoconoPhilips ou Wisent Oil&Gas. Et évidemment des entreprises polonaises PKN Orlen, PGNiG et Lotos. Pour une main mise sur une réserve de gaz de schiste surévaluée ?


 

La Pologne, quitte ou double

 

Après une première extraction expérimentale en 2013, près de soixante forages ont été réalisés depuis à travers tout le pays. Pour l’instant fortement dépendante du gaz russe, il tient à coeur à la Pologne d’assurer son indépendance énergétique. Surtout à la vue de la crise ukrainienne qui a lieu dans son voisinage immédiat.

 

Avec ses 38 millions d’habitants, elle est la première économie d’Europe centrale et occidentale. Même si plus de 90% de son électricité vient de la houille et du lignite, avec des réserves pouvant couvrir 150 ans de production, deux tiers de sa consommation de gaz vient encore de la Russie.

 

La Pologne mise donc son avenir sur le gaz de schiste. Varsovie a ainsi prévu d’investir 12,5 milliards d’euros dans le nouvel hydrocarbure d’ici 2020. Les réservoirs naturels souterrains du pays contiendraient effectivement entre 800 et 2000 milliards de mètres cubes de gaz. Mais ces estimations, après les premiers forages, ont été largement revues à la baisse, faisant par-là même déchanter les géants pétroliers. Il ne reste donc plus au pays qu’à poursuivre les explorations, et à décider de la véritable rentabilité commerciale des sous-sols, ce qui ne demanderait pas moins de 350 forages au total.

 
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