L'Europe, toujours à la traîne dans la course au gaz de schiste

Europe  gaz de schiste  Etats-Unis  Exxon Mobil

En Europe, le débat public concernant l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste fait toujours rage. Une indécision qui place le vieux continent au tout dernier rang dans la course au schiste.

Dans l'Est de la Pologne, les politiciens espèrent toujours rejoindre la révolution énergétique du gaz de schiste mais sont contraints de modérer leurs espérances.

Les grandes réserves en gaz découvertes il y a deux ans étaient initialement prévues pour répondre à la demande en énergie  des Polonais pour les trois cents prochaines années mais depuis, les estimations ont été revues à la baisse de 80 %.

Les géants internationaux dans le secteur énergétique comme Exxon Mobil et Talisman Energie du Canada ont limité leurs investissements après de premiers essais d'extraction décevants. Et la compétition, en provenance d'autres énergies fossiles comme le charbon, a rendu les explorations dans d'autres pays désavantageuses : « La Pologne n'est certainement pas le Texas », s'est exclamé Kash Brucett, analyste européen en énergie dans la société de conseil IHS à Londres. «Il y a peu de chances pour que le gaz de schiste en Europe révolutionne l'industrie énergétique comme ça a été le cas aux Etats-Unis », a-t-il poursuivi.

A travers le continent, élus et population restent sur leurs gardes quant à l'impact potentiel que pourraient avoir les technologies comme la fracturaction hydraulique – pour extraire le gaz de schiste- sur l'environnement. Aussi, le fait que l'Europe soit plus densément peuplée que les Etats-Unis rend l'approbation du gouvernement pour l'exploration et l'extraction de nouveaux dépôts énergétiques plus difficle, d'autant plus que ces dépôts se situent souvent près des grandes villes.

De plus, l'Europe manque cruellement de foreuses et d'expertise technique, et les règlementations diffèrent de façon significative d'un pays à l'autre : « l'opportunité est là mais les premiers efforts d'exploration ont été décevants », déclare Stephen O'Rourke, analyste des ressources gazières au cabinet-conseil en énergie Wood Mackenzie d'Edinburgh.

Selon lui, le gaz de schiste européen pourrait répondre à 5 % de la demande en énergie au sein de l'Union Européenne d'ici 2030 mais «il reste beaucoup d'incertitudes ».

En Europe, un ralentissement des efforts pour l'exploitation des réserves en gaz de schiste, représentant à peu près 10 % des réserves mondiales, ne pouvait pas survenir à un pire moment pour les entreprises euroépennes qui souffrent déjà d'une crise continentale de la dette, d'une croissance anémiée et sont, comparativement à leurs rivales américaines, bien moins compétitives en raison de prix de l'énergie plus élevés que ceux de leurs voisins outre-atlantique.

Réactions et commentaires
Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier !
Déposer un commentaire