Le gaz de schiste permettrait à la Tunisie de relancer son énergie

gaz de schiste  Tunisie

Imed Derouiche, géophysicien et expert en énergie et en économie en Tunisie plaide pour le développement du filon du gaz de schiste dans le pays. Une excellente solution selon lui pour rééquilibrer la balance énergétique tunisienne, à l'instar de ce qui se pratique déjà dans de nombreux pays.    

Pour l'expert la situation est simple : la balance énergétique tunisienne est très largement déficitaire et il devient urgent d'y remédier en lançant l'activité du gaz de schiste. Le pays importe en effet 45% de ses besoins en gaz, principalement d'Algérie, tandis que la consommation ne cesse de croître et que la production est en déclin constant. Plus encore, la Tunisie importe 90% du GPL consommé. Tant est si bien que la facture énergétique a flambé, passant de 600 millions de dinars en 2010 à 5 milliards à l'heure actuelle. Et la situation est à ce point complexe qu'elle présente un paradoxe majeur : la Tunisie contient des réserves potentielles de gaz de schiste au moins équivalentes à celles de l'Egypte. De quoi équilibrer la balance énergétique qui plombe actuellement l'économie du pays.

Autoriser le gaz de schiste, la solution préconisée

"Il faut autoriser l'exploration du gaz non conventionnel", une solution urgente selon Derouiche qui permettrait à la Tunisie de combler son retard et de bénéficier d'une manne énergétique et financière bien nécessaire. Citant les exemples de la Grande Bretagne, de la Pologne, du Brésil, de la Chine et de l'Argentine, l'expert géophysicien rappelle que le gaz de schiste a changé la donne de ces économies où l'on cherche parallèlement à préserver l'environnement. Et du point de vue du déficit énergétique, l'exemple des Etats-Unis est mis en avant : "la balance énergétique aux Etats-Unis a complètement changé depuis le recours au gaz de schiste, pour un pays qui est parvenu en quelques temps à une réelle autosuffisance en gaz".

Pour autant, de nombreux freins restent encore à débloquer dans le pays : le pouvoir politique doit changer de position et insuffler une nouvelle politique gazière, les contestations publiques sur la filière devront être apaisées par un dialogue systématique entre compagnies énergétiques et populations locales, et la règlementation gagnera à être assouplie.

Et il faut dire que si la Tunisie parvient à lever les obstacles qui se dressent sur la route du gaz de schiste, les retombées seront plus que majeures : avec des réserves estimées à 18 trillions de pieds cubiques, le pays peut plancher sur des  recettes équivalentes  à 80 milliards de dollars sur une vingtaine d'années, à raison de 4 milliards par an qui combleraient largement le déficit de la balance énergétique. Qui plus est, 100 000 emplois directs seraient à la clé.

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